Ce qui vous attend à la rentrée 2025
Mis à jour le 26.08.25
min de lecture
La FSU-SNUipp dresse le bilan des nouveautés de cette rentrée qui renforcent le prescriptif et la logique d’évaluation au détriment d’une école émancipatrice pour tous·tes les élèves. Des changements importants qui se font à moyens constants et sans plan de formation des personnels, notamment pour accompagner la mise en place des programmes EVAR. Pour le syndicat, il est urgent de donner à l’école les moyens de ses ambitions.
Français-maths : nouvelles prescriptions
Les nouveaux programmes en français et en mathématiques entrent en vigueur en septembre 2025 pour les cycles 1, 2 et le CM1. Ils sont désormais structurés autour de repères annuels, voire infra annuels, remettant en cause la notion de cycle. Ces textes révèlent une vision formatée des élèves et dessaisissent les PE de la conception de leurs enseignements. L’accent mis sur l’application de procédures relègue au second plan la compréhension et le sens des apprentissages. En revanche, pour les autres domaines d’enseignement et l’ensemble des programmes de CM2, les textes restent inchangés. Les sciences de l'éducation ont montré que cette vision des savoirs et des apprentissages participe à l’accroissement des inégalités.
Nouveau socle commun
Un nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture redéfinit les bases de la scolarité obligatoire. Il devrait être publié à l’automne.
EVAR : un programme en appui
Les enseignants et enseignantes de la PS au CM2 vont enfin pouvoir s’appuyer sur un programme d’éducation à la vie affective et relationnelle dans leur classe. Des documents d’accompagnement et un parcours m@gistère seront à disposition. Une formation bien plus ambitieuse serait nécessaire pour outiller réellement les PE et permettre l’effectivité de cette éducation. Les familles seront informées du contenu du programme et de sa mise en œuvre.
« Brisons le silence »
Au retour d’un voyage scolaire avec nuitée, tous les élèves du CP au CM2 devront remplir un questionnaire anonyme en ligne ou en format papier. Ce protocole s’inscrit dans le cadre du plan de lutte contre les violences physiques, morales et sexuelles, suite à l’affaire Bétharram. Il a pour but de libérer la parole, détecter et prendre en charge les situations de violences révélées. Mais que faire de réponses anonymes dévoilant des cas graves sans procédure claire ? Le ministère ne l’a pas prévu…
Déploiement des PAS
Près de 500 Pôles d’appui à la scolarité (PAS) seront déployés sur le territoire. Un dispositif qui « doit apporter, dans des délais raccourcis, une réponse de premier niveau, qu’elle soit pédagogique, éducative ou médico-sociale, en mobilisant les ressources disponibles sur le territoire, sans attendre une éventuelle reconnaissance de handicap » (cf circulaire de rentrée 2025). Un binôme PE spécialisé et personnel médico-social est prévu pour la coordination du dispositif. Mais seuls 150 postes Éducation nationale ont été réservés pour financer à la fois les PAS, les toutes petites sections et le plan autisme. Sans cadrage national, sans moyens suffisants et sans coordination avec l’Agence régionale de santé (ARS), de nombreux dispositifs ne pourront fonctionner correctement.
Sensibiliser aux stéréotypes de genre
Dans le cadre du plan « Filles Maths », tous les personnels devraient bénéficier d’une sensibilisation aux stéréotypes de genre avant le 15 septembre. Faute de moyens, cette information de deux heures devrait être animée par les directrices et directeurs d’école à partir d’une capsule vidéo. Si la prise de conscience des risques de reproduction involontaire des biais est indispensable, cette mesure est surtout un effet d’annonce. La formation doit être plus conséquente et réalisée par des personnels dédiés.
Une santé mentale en peau de chagrin
Des pôles de santé mentale, bien-être et protection de l’enfance seront mis en place dans chaque département, réunissant quatre conseiller·es techniques (médecin, infirmier·e, assistant·e social·e et PsyEN). À moyen constant, ce nouveau dispositif va ponctionner le nombre de PsyEN déjà largement insuffisant pour pouvoir suivre les élèves qui en ont besoin.
10 mètres
C'est le rayon d'interdiction de fumer autour des points d’accès publics que sont les écoles, depuis juillet 2025. Cela concerne aussi les aires de jeux collectives, les bibliothèques, les équipements sportifs ainsi que les parcs et les plages.