Rentrée 2026 : l’école primaire en état de choc

Mis à jour le 30.01.26

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Le CSA (Comité Social d’Administration) ministériel, plusieurs fois reporté en l’absence de budget, s’est finalement tenu le lundi 26 janvier. Le ministre a présenté une première répartition des moyens d’enseignement pour la rentrée 2026, puis a dû revoir  sa copie le 28 janvier, sous la pression, sans que cela ne change fondamentalement les choses.
Les annonces confirment que l’École publique n’est pas la priorité du gouvernement. A peine deux jours après la lettre dithyrambique d’E. Geffray aux enseignant·es, le contraste est saisissant.

Une intersyndicale unie face aux suppressions de postes

A l’initiative de la FSU, l’intersyndicale éducation (FSU, UNSA, FO, CFDT, CGT, SUD) s’est réunie le 3 février pour échanger sur les conséquences de ces suppressions massives.
L’ensemble des organisations syndicales partage le même constat : l’ampleur des suppressions de postes et l’instrumentalisation de la baisse démographique par le ministère aggravent les conditions d’enseignement et de travail dans les écoles.

Suppression de 1 891 postes dans le premier degré

Ces chiffres s’ajoutent aux 1 365 suppressions de postes annoncées dans le second degré. Au total, ce sont 3 256 postes qui disparaîtraient dans l’Éducation nationale à la rentrée 2026.

Tout le territoire qui est concerné par ces suppressions. Seules deux académies ont une dotation positive, mais cela reste bien en deçà de leurs besoins réels :

Dotations académiques rentrée 2026

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Dotations Académiques Rentrée 2026 (3)

Sous couvert de baisse démographique, le gouvernement fait payer le prix fort à l’école. Peu importe que la France reste à la traîne dans les comparaisons internationales avec ses classes chargées ou son investissement dans l’éducation : alors que tous les voyants sont déjà au rouge, le primaire est une nouvelle fois privé de moyens pour lutter contre les inégalités.

Si ces suppressions sont actées, c’est l’École dans son ensemble qui sera encore plus fragilisée. La baisse des moyens aura des répercussions sur le nombre de classes et donc sur les effectifs, mais aussi sur le remplacement, les RASED, la formation, l’inclusion ou encore les temps partiels.

Dans les jours qui viennent, la réalité va s’imposer dans les départements, avec les mesures de carte scolaire qui vont dégrader partout le service public d’éducation, pour les élèves comme pour les personnels. Cette année, ce sont déjà plus de 2 000 classes qui ont été fermées. Autant dire qu’en l’état, la rentrée scolaire 2026 va être catastrophique.

Pourtant, investir dans l’école aujourd’hui permettrait de faire des économies demain. Comme l’explique Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS en sciences économiques, « la réduction du nombre d’enseignants n’est pas une opération rentable sur le long terme puisque pour 1 euro économisé sont perdus 9 euros pour la société ».

Des mobilisations qui s’ancrent dans les territoires

Dans de nombreux départements, la carte scolaire suscite déjà des réactions fortes : rassemblements devant les DSDEN, motions d’écoles, interpellations des élu·es, grèves locales, boycott des instances académiques. Ces mobilisations, relayées par la presse locale, traduisent une même réalité : la baisse démographique ne compense en rien les besoins réels des écoles.

Revue de presse : 

  • https://www.midilibre.fr/2026/02/03/carte-scolaire-en-lozere-a-laube-dinevitables-fermetures-de-classes-syndicats-et-education-nationale-en-desaccord-13205212.php
  • https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse/academie-de-toulouse-94-postes-supprimes-en-primaire-84-dans-le-secondaire-le-personnel-tire-la-sonnette-d-alarme-2185665
  • https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/plus-de-50-classes-risquent-de-fermer-les-premieres-projections-de-la-carte-scolaire-alertent-les-syndicats-1770133696
  • https://www.midilibre.fr/2026/02/01/diminution-des-effectifs-dans-les-ecoles-ce-quil-faut-savoir-sur-la-future-carte-scolaire-du-gard-13199843.php
  • https://www.ouest-france.fr/education/carte-scolaire/vers-une-suppression-de-28-postes-denseignants-dans-les-ecoles-publiques-bc5b0806-fd26-11f0-b421-129bd2858122
  • https://www.sudouest.fr/charente-maritime/charente-maritime-29-postes-supprimes-dans-les-ecoles-a-la-rentree-2026-27693468.php
  • https://www.leprogres.fr/education/2026/02/04/carte-scolaire-l-ain-va-perdre-trois-postes-a-la-rentree-dans-les-ecoles-primaires
  • https://www.leprogres.fr/education/2026/02/04/fermetures-de-classes-et-suppressions-de-postes-les-enseignants-en-colere-les-etablissements-sont-surcharges
  • https://www.ouest-france.fr/education/ca-va-etre-lhecatombe-a-lannion-les-syndicats-alertent-sur-les-fermetures-de-classes-a-venir-6f1b238c-0127-11f1-9e89-9e77cb2f3c37

Pour la FSU-SNUipp, il faut en finir avec les suppressions de postes. La baisse démographique doit au contraire permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels. 
La séquence de la carte scolaire doit s’inscrire dans des temps forts de mobilisation, y compris par la grève, et dans un arc unitaire le plus large possible, afin d’imposer d’autres choix pour l’école publique. C’est ce que porte la FSU-SNUipp au sein de l’intersyndicale qui doit se revoir à la fin des vacances d’hiver.