1er Mai : la mobilisation a payé
Mis à jour le 16.04.26
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Sous la pression de l’intersyndicale fortement mobilisée, le gouvernement reporte le projet de loi sur le travail du 1er mai à 2027.
C’est une première victoire à mettre au crédit de l’unité syndicale. Sous la pression de l’intersyndicale et face à l’indignation générale, le gouvernement vient d’annoncer le report à 2027 de sa proposition de loi sur le travail le 1er mai. La Commission Mixte Paritaire (CMP), qui devait sceller ce texte, est officiellement annulée.
Un siècle de luttes : d'où vient le 1er mai ?
On ne réforme pas brutalement un droit issu de plus de 130 ans d'histoire sociale. Le 1er mai plonge ses racines dans le sang des ouvriers de Chicago en 1886 et de Fourmies en 1891, tombés sous les balles pour réclamer la journée de huit heures. En France, c'est en 1919 que la journée de huit heures est votée, faisant du 1er mai une journée de grève tolérée, avant qu'il ne devienne officiellement un jour férié, chômé et payé en 1947. En voulant le "banaliser", le gouvernement s'attaque à un pilier de la mémoire ouvrière mondiale.
Un hold-up avorté
Le 10 avril dernier, en s'alliant avec la droite et l'extrême droite, la minorité présidentielle a utilisé une motion de rejet pour balayer d’un revers de main 170 amendements déposés sur le projet de loi. Pas de discussion, pas d'écoute : une méthode brutale, désormais marque
de fabrique du macronisme, pour imposer une régression sociale majeure à plus de 1,4 million de travailleurs et travailleuses.
Derrière le mot « volontariat », le gouvernement avait déployé un écran de fumée grossier : dans un rapport de force entre employeur et salarié, le libre arbitre n'existe pas. Accepter de travailler un 1er mai deviendrait vite une condition implicite pour garder son poste ou espérer une évolution, précarisant d'abord les plus fragiles.
2027 en ligne de mire
Le report annoncé à 2027 n’est qu’une manœuvre de calendrier pour désamorcer la colère avant les prochaines échéances. Le ministre du travail Jean-Pierre Farandou a confirmé que le gouvernement ne comptait pas en rester là, et a rappelé la volonté d’avancer malgré tout sur ce sujet avant le 1er mai 2027 sous prétexte d’une “insécurité juridique actuelle”.
Des urgences ailleurs
Les priorités des travailleurs et travailleuses ne sont pas de travailler plus pour gagner autant, mais d'obtenir de vraies augmentations de salaires, une amélioration du pouvoir d’achat et des conditions de travail dignes.
Ce premier recul est une preuve que l'action collective paie. Restons mobilisé·es.
