Formation continue : faire valoir les besoins

Mis à jour le 08.06.26

min de lecture

Lors d’un groupe de travail, le responsable à la formation de la DGESCO a présenté les grandes lignes du plan de formation continue 2026-2030. Il apparaît que l’articulation autour des fondamentaux et des résultats aux évaluations nationales est toujours centrale, mais désormais, une partie de la formation doit s’appuyer sur les demandes et les besoins des équipes.

Dans sa circulaire de rentrée particulièrement précoce, le ministre de l’Éducation nationale E. Geffray écrit sa volonté de “poursuivre” les efforts engagés sur la formation continue, notamment en faveur des formations à l’initiative des équipes locales.

L’acte 2 de la formation continue dans le premier degré a donc été organisé autour de deux préoccupations :

  • assurer, dans les 4 années qui viennent, un tiers du temps de formation des PE (24h sur 4 ans) en dehors des « fondamentaux » français-maths et deux tiers (48h sur 4 ans) à la poursuite des plans français, maths et maternelle ;
  • partir des demandes et des besoins des équipes.

Ce tiers-temps laissé au choix des personnels est un élément positif, d’autant que les données PISA 2022 confirment que les systèmes éducatifs les plus centrés sur les « fondamentaux » sont aussi les plus inégalitaires.

La FSU-SNUipp reste cependant très vigilante aux déclinaisons qui seront faites dans les départements. En effet, les premières remontées laissent percevoir des prescriptions qui viennent dénaturer le choix laissé aux équipes. Si les demandes doivent être « corrélées » aux indicateurs définis par l’équipe de circonscription (c’est à dire bien souvent aux résultats des évaluations nationales) et les modalités imposées, (résidences pédagogiques, réunions, visites de classes …) il n’y aura en réalité plus de marge de choix.

Les équipes doivent pouvoir être soutenues dans leur choix de travailler sur d’autres objets que les items des évaluations nationales. En effet, le pilotage par les indicateurs, que le syndicat dénonce depuis sa mise en place, commence à révéler ses effets délétères. Pour la fluence par exemple, les évaluations d’entrée en 6ème montrent que la focalisation sur les entraînements de fluence (environ +3 points en 3 ans) a un impact négatif sur la compréhension (-8 points en 3 ans) et donc sur la finalité même de l’apprentissage de la lecture.

Le rôle et la place de la direction est aussi un point de vigilance. Ces personnels ne doivent pas être un maillon entre les équipes de circonscription et les équipes d’école, au risque d’être considérés comme des“managers” et soumis à des pressions de la part de la hiérarchie. Pour rappel, le nouveau référentiel de la direction d’école parut au BO du 21 mai 2026 ne fait pas des collègues directrices et directeurs des adjoints de l’IEN ou des managers. La loi n° 2021-1716 du 21 décembre 2021 dit que "le directeur d'école propose à l'inspecteur de l'éducation nationale, après consultation du conseil des maîtres, des actions de formation spécifiques à son école."

Il faut aussi rappeler que :

  • Aucun temps de travail ne peut être imposé en dehors du cadre des 108h. Une liberté a été accordée pour la gestion des 108h dans la circulaire du 25/08/2020 : "les directeurs d'école ont, avec les équipes pédagogiques, la pleine responsabilité de la programmation et de la mise en œuvre des 108 heures dans le respect de la répartition réglementaire".
  • Aucune modification réglementaire n’autorise l’institution à considérer que la formation continue est systématiquement une formation d’équipe ; les demandes ou besoins individuels restent pleinement légitimes.

Pour la FSU-SNUipp, la formation continue des personnels doit être un élément central de la politique éducative, mais on ne constate pas de réelle amélioration sur le temps et les moyens dégagés dans ce dossier. Si la possibilité laissée aux équipes de choisir une partie de leur formation en dehors des fondamentaux est une avancée, elle ne rattrape pas tout ce qui a été perdu ces dernières années. En effet, les 18h d’animation pédagogique annuelles ne représentent pas la formation continue à laquelle les PE devraient avoir droit, sur le temps de classe et avec le remplacement nécessaire

Le syndicat est activement mobilisé dans toutes les instances nationales, académiques et départementales pour que les besoins et les demandes des personnels soient mieux prises en compte et respectées.