Le PPP de Gaudin retoqué
Mis à jour le 13.02.19
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La reconstruction de vingt-huit écoles et six créations nouvelles pour un coût d’un milliard d’euros : c’était le contrat mirobolant que devait signer Marseille avec une grande société du bâtiment dans le cadre d’un Partenariat public-privé. Il vient d’être invalidé par le tribunal administratif.
Le « Plan école d’avenir » lancé en avril 2018 par le maire de la cité phocéenne prévoyait un Partenariat public privé (PPP) pour la rénovation et la construction de 34 écoles sur les 444 que compte la ville pour un coût dépassant le milliard d’euros.
Le collectif Marseille contre les PPP
, réunissant enseignants, syndicats - dont le SNUipp-FSU - parents d’élèves, professionnels du bâtiment ou encore personnels de la Territoriale s’y opposait depuis plus d’un an. Et il a eu gain de cause.
Il faut dire que le projet porté par la mairie avait du mal à convaincre. Quarante millions d’euros de loyer versés à l’heureux constructeur pendant vingt-cinq ans, soit à peu près le budget annuel consacré par la municipalité à l’ensemble de ses écoles. Dès lors, quid des 101 autres qui se trouvent aujourd'hui dans un état déplorable ? Insalubrité, toits qui s’effondrent, classes inondées en cas d’averse, quand ce ne sont pas des rats qui gambadent sous les bancs des écoliers.
Qui plus est, signer un PPP, c’est transférer la propriété des écoles ainsi que leur entretien à une société privée, qui présentera une facture à la ville pour toute réparation au tarif qu’elle aura seule établi, libre de toute concurrence.
Échec et mat
Les opposants avaient présenté de leur côté un projet sous maîtrise d’ouvrage publique moins onéreux, plus souple, permettant que le bâti scolaire reste la propriété de la collectivité et donc des marseillais.
C’est sur cette base que le tribunal administratif a statué, la ville de Marseille n’ayant pas apporté la preuve que « le recours à un marché de partenariat présente un bilan plus favorable, notamment sur le plan financier, (...) qu'une maîtrise d'ouvrage publique classique ».
Dans un communiqué daté du 12 février, la FSU locale se félicitait de cette décision. « La FSU13 et ses syndicats de l’éducation ont pris toute leur part dans la construction du collectif Marseille contre les PPP, aussi large qu’inédit. »
Reste qu’il est grand temps de prendre à bras le corps la question d'un bâti scolaire indigne, conséquence de décennies d’immobilisme. La FSU des Bouches-du-Rhône demande qu'au plus vite, « la mairie organise des tables rondes dans toutes les écoles de la ville, afin d’établir un audit des réels besoins des enseignants, des parents et des élèves, au plus près du terrain, avec la participation et le diagnostic des professionnels du bâtiment. »
Pour le syndicat, « les enfants de Marseille méritent les mêmes conditions de travail que dans les autres grandes villes, sans craindre les plafonds qui s’écroulent ou les températures glaciales. Il est temps de ne plus négliger cette évidence. »