Une famine orchestrée
Mis à jour le 29.08.25
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Interview de MARTIN ROUX, journaliste à Reporters sans frontières (RSF)
LA SITUATION DRAMATIQUE DES JOURNALISTES À GAZA EST-ELLE INÉDITE ?
L’armée israélienne a déjà procédé à des crimes de journalistes palestiniens qu’elle a justifiés en les accusant de terrorisme mais le nombre de morts, qui dépasse les 200 en 22 mois, est sans précédent. Des décès dus aux bombardements massifs de la population mais aussi à un ciblage revendiqué par les autorités israéliennes jouissant d’une impunité totale. De plus, les journalistes présents aujourd’hui, dont on peut souligner le courage, l’intégrité et le professionnalisme subissent eux aussi une famine orchestrée et n’ont plus la force de travailler.
QUELLES CONSÉQUENCES SUR LA COUVERTURE DU CONFLIT ?
Le gouvernement israélien mène une guerre de désinformation. Un blocus médiatique empêche la presse internationale d’accéder à la bande de Gaza. Les seules autorisations sont sous contrôle de l’armée et ne peuvent montrer qu’une réalité partielle du confl it quand les informations de source palestinienne souffrent d’une campagne de dénigrement. RSF demande au Conseil de sécurité de l’ONU une protection des journalistes dans les conflits armés.