Variation de jeux, variation de gestes

Mis à jour le 29.08.25

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Les olympiades de l’école d’Uzos constituent une approche festive pour réinvestir des apprentissages moteurs.

Plots, cerceaux, tapis, balles agrémentent la cour et la salle de motricité de la petite école d’Uzos nichée au creux des coteaux des Pyrénées-Atlantiques. « On va aux jeuxzolympiades ! », s’écrie Noam, trois ans et demi. Des exclamations réitérées par plusieurs enfants lors de la présentation des ateliers : jeu de lutte, biathlon, tir à la corde, course en sac, relais de transvasement d’eau... Les 86 élèves, de la PS au CM2, sont répartis en équipes mixtes. Après la présentation générale des consignes et attendus, les plus grands, les plus grandes, aiguillent déjà les plus jeunes vers le premier jeu.

« Cette rencontre permet de réactiver des apprentissages de divers champs, travaillés dans l’année mais sur des supports nouveaux », explique Théo Rozé, PE stagiaire en PS-MS. Au fil de l’année, avec Stéphanie Carricart, PEMF de la classe, les séances ont été conçues en lien avec les patrons moteur de base, dans une multiplication des supports : la danse (fi l rouge tous les jeudis), les ateliers de motricité et leur incontournable parcours, les manipulations d’objets variés pour travailler différents gestes et préhensions, du ballon de baudruche aux balles de tennis en passant par les balles ovales ou les ballons pailles… Pour Céline Loustau, son rôle d’ATSEM de la classe consiste à « rassurer, montrer éventuellement une gestuelle, mais principalement à laisser les enfants expérimenter pour qu’ils osent progressivement ».

EXPÉRIENCES PLURIELLES

Au biathlon, Suzon, après une course de haies, se concentre pour lancer sa balle dans le seau. Stéphanie profite de la journée pour observer, dans une satisfaction assumée, les progrès de ses élèves. « En course, sa foulée est aérienne, elle dissocie bien le haut du bas du corps, même si elle pourra encore progresser dans la coordination des bras et a tendance à ralentir devant chaque obstacle avant de le franchir. Logique à son âge. Au lancer, la technique du bras cassé est en place, mais il s'effectue à l’amble, elle utilise encore seulement le bras sans transférer le poids du corps sur la jambe opposée ».

Cet « œil du maquignon », l’enseignante le pose toute l’année sur les élèves. « Je m’appuie sur la verbalisation en direct des verbes d’action, sur le vocabulaire de spatialisation, des parties du corps. J’utilise aussi la vidéo pour faire percevoir les critères de réussites, les gestes adaptés et réguler les activités. » Au tir à la corde, activité prisée en force basque, Zoé, élève de MS, explicite son geste : « Je me penche vers l’arrière et je tire en m’appuyant sur les cuisses ! », témoignant ainsi de l’objectif d’équilibration et de manipulation. À la lutte, les ancrages au sol et l’appréhension des corps sont en jeu. À la course en sac, le gainage, l’équilibration et la locomotion. Au relais de transvasement, la locomotion est toujours visée mais c’est la stratégie qui est au cœur des préoccupations : « Pour ne pas renverser, je ne marche pas trop vite », divulgue Louisa. En fin de matinée, les enfants ont investi tous les ateliers même si chacun et chacune a son préféré.

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