Silence, on tourne
Mis à jour le 23.01.26
min de lecture
Les CE1 de l’école Olympia Cormier d’Orléans s’essaient à la fabrication d’un court métrage.
« Le pantin bouge grâce à des ficelles ! », « on voit des mains qui font danser les peluches ! », « c’est tes anciens élèves qui filment ? ». Remarques et interrogations fusent dans la classe d’Iris Roy, enseignante de CE1 de l’école Olympia Cormier d’Orléans dans le Loiret. Les 26 élèves visionnent un court métrage de 3 minutes composé d’une succession de courtes scènes autour d’une musique. Celui-ci a été réalisé l’an dernier avec ses anciens élèves. « Lors d’écoutes musicales, je leur avais proposé qu’ils représentent leur ressenti en scénettes sans qu’on les voie, se souvient l’enseignante. Ils ont décidé du contenu, des matériaux et ont tout filmé. »
Collectivement, ils avaient trouvé comment rendre visibles les ombres de leur silhouette, imiter des jambes avec leurs doigts en s’inspirant de la scène de la danse des petits pains de « La ruée vers l’or » de Charlie Chaplin ou construire le décor pour une scène de Playmobils dansant sur une plage. Grâce à la dizaine de smartphones mise à disposition par la circonscription, ils ont aussi appris à filmer. « Travailler en groupe autour de la fabrication d’un court métrage crée une dynamique très forte dans la classe, explique Iris, et les incite à persévérer et chercher les solutions techniques ». Cette année, c’est la thématique égalité fille-garçon qui irrigue le prochain court métrage. « Il s’agit de faire vivre des situations pour donner corps aux principes contenus dans la charte a ffichée dans la classe », précise-t-elle.
DE L’AUTRE CÔTÉ DE L’ÉCRAN
La première séance est l’occasion de définir pour chaque groupe l’une de ces situations. « On va filmer des garçons qui jouent à la Barbie », « Nous, ça sera une super héroïne qui fait du foot », « Avec Manel, on sera des policières et Warren sera le voleur, habillé en rose ». Les idées jaillissent ! Comment passer de ces premières idées à des scènes vivantes avec des dialogues riches ? Pour filmer 30 secondes de qualité, cela nécessite une scénarisation solide. « Un important travail de production d’écrit est prévu », annonce l’enseignante qui anticipe déjà que des notions de cadrage et de plans seront aussi nécessaires pour qu’ils puissent filmer eux-mêmes.
Participant déjà au dispositif École et cinéma, c’est après avoir reçu une formation départementale qu’Iris et ses deux collègues de CE1 ont voulu faire passer leurs élèves de l’autre côté de l’écran. « Nous nous sommes essayées à nous filmer et nous nous sommes familiarisées avec la technique des stop-motions. Cette expérience nous a convaincues de nous lancer. » Échanger en équipe permet aussi de se rassurer. « C’est un travail de longue haleine dans lequel il faut accepter les petites imperfections », reconnaît Iris. Mais quelle satisfaction d’arriver à produire un court métrage qui sera projeté devant la cinquantaine de classes participantes au Clic Clap Festival et conservé ensuite par les familles ! « On devrait davantage faire appel à la créativité des élèves et développer leur imaginaire. Que ce soit devant ou derrière la caméra, ça leur permet d’être acteurs et les aide à se construire ».