La Cité internationale universitaire face à l’extrême droite
Mis à jour le 18.05.26
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Quand la politique réactionnaire de Milei frappe jusqu’à Paris.
Une vive émotion s’est dégagée le 24 mars au cœur de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP), ce campus unique au monde où 43 pays ont leur maison*. Plus de 150 personnes inaugurent la nouvelle plaque commémorative sur la façade de la Maison internationale en hommage, 50 ans après le coup d’État militaire, aux 30 000 personnes disparues et victimes du terrorisme d’État sous la dictature argentine. Parmi eux, José-Eduardo Wesfreid, chercheur au CNRS s’inquiète parce que juste en face « la Maison de l’Argentine, haut lieu de la culture de l’Argentine en France et pivot essentiel des relations scientifiques et universitaires entre ces deux pays, vit aujourd’hui un moment grave ».
En effet, cet hommage aurait dû s’y dérouler. Mais son nouveau directeur nommé par le gouvernement Milei, Santiago Muzio, a retiré la plaque de ses murs. Selon plusieurs témoignages, ce professeur à l’ISSEP, école co-fondée par Marion Maréchal-Le Pen, proche des milieux ultraconservateurs, ne cesse depuis son arrivée d’enfreindre les règles de la Cité : refus de signer la charte des valeurs, disparition d’affichages de lutte contre les discriminations, utilisation des locaux à des fins politiques réactionnaires... Certaines directions des autres maisons, inquiètes, ont cessé les échanges de résident·es.
RÉSISTER
Pour la CIUP, “ces événements n’auraient jamais dû arriver au sein du campus". En effet, une faille juridique laisse tout pouvoir de gestion au gouvernement argentin sans que la Cité internationale puisse participer, contrairement aux autres maisons. C’était essentiel d’organiser cet hommage parce que cette cité est pensée depuis plus de cent ans pour être « au service de la paix et du dialogue des cultures ». Une manière de soutenir aussi les actes de résistance du « comité de résidents argentins » qui a signé la charte des valeurs à la place du directeur. L'urgence est de pallier la faille juridique « en accordant à la Maison de l’Argentine le statut de Fondation reconnue d’utilité publique ». Des discussions sont en cours entre le gouvernement français et le gouvernement argentin. En attendant, José-Eduardo Wesfreid salue « la digne réponse des autorités de la CIUP qui ont choisi de ne pas se taire face à la politique en violation des valeurs humanistes ».
* Plus d’informations sur cuip.fr