“Donner du sens à ce que l’on voit”

Mis à jour le 23.01.26

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Interview de CHRISTINE VOTOVIC, membre du comité de direction du Festival international du film d’éducation des Ceméa

POURQUOI FORMER UN « ENFANT SPECTATEUR » ?

Il s’agit de former des futurs adultes afin que la culture et l’art fassent partie de leur vie. Or, beaucoup d’enfants ne vont pas au cinéma ; que ce soit dans les quartiers populaires ou dans le rural, des questions d’accès et de pratiques se posent. De plus, les enfants ont souvent une vision simplement récréative du cinéma ou restent dans une absorption des images qui s’enchaînent très vite. Il faut donc permettre d’établir des liens entre toutes ces images, de donner du sens à ce que l’on voit. À la fois sur une compréhension du synopsis mais aussi considérer que l’on peut partager ses émotions, ses interprétations pour faire du commun.

Ce n’est pas une évidence et cela constitue pourtant un apprentissage de la citoyenneté. Les films sont des histoires de vie, des préoccupations sociales telles que l’amitié, l’amour, les discriminations, l’émancipation, l’écologie… Elles induisent une décentration de soi et invitent aux questionnements : créer une médiation est nécessaire. De plus, il s’agit de former au cinéma en tant que média culturel qui a ses propres codes.

QUELLES SONT LES PARTICULARITÉS DU CINÉMA ?

Le cinéma recoupe l’image, le son – c’est-à-dire les bruitages, la musique, les voix –, des dialogues, des diversités artistiques d’animation ou de façons de filmer… Il comprend différentes formes : animation, fiction, documentaire, docufiction. Aller au cinéma c’est d’abord se laisser emporter par des émotions dans une expérience collective, que cela soit dans une salle polyvalente ou une salle de cinéma. C’est aussi se confronter à d’autres visions du monde ou encore se frotter à une forme artistique particulière. Le cinéma c’est un espace pour réfléchir, partager, rire et rêver.

QUELS ACCOMPAGNEMENTS POSSIBLES ?

Le plus difficile est de trouver l’équilibre pour ne pas tomber dans une leçon qui instrumentaliserait le film tout en allant vers des explications. Parfois, des sujets demandent un travail de précautions en amont, mais il s’agit surtout de construire ensemble les interprétations en commençant par mettre en évidence que le film touche la sensibilité de toutes et tous. Redonner cet objectif émotionnel à la culture en entrant par le « beau » de chacun.

Cela peut se faire en demandant de quelle image on se souvient, quel mot parmi quatre – solidarité, courage, amitié, liberté par exemple – semble le mieux parler du film. On peut faire associer des images du film à plusieurs émotions en argumentant les choix. Pour aller plus loin, on peut travailler sur l'identification du « méchant », comment on le reconnaît dans le fi lm : ses expressions mais aussi le cadrage spécifique, l’angle de vue, les costumes, le décor. On peut jouer aussi à trouver un autre titre sur l’affiche, à faire retrouver la BO parmi des intrus, faire inventer la suite… On peut même organiser un mini festival de courts métrages pour d’autres classes ou les familles.

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