AU CONTACT DU VOYAGE

Mis à jour le 18.05.26

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Hélène Pouillart est une PE multi fonctions pour aider à la scolarisation des enfants de familles itinérantes et de voyageurs à Reims.

« Je suis une PE mais je me sens aussi un peu travailleuse sociale quand je suis avec les familles ». Hélène Pouillart exerce sur un poste particulier, elle s’occupe de la scolarisation d’enfants de familles itinérantes et de voyageurs (EFIV) dans la Marne sur la commune de Reims et ses alentours. Après quelques années sur des postes fractionnés, elle se lance au départ de manière provisoire sur ce poste. Dix-sept ans plus tard, elle s’y épanouit toujours professionnellement et ne se voit pas faire autre chose. « C’est très riche humainement et ça change tout le temps ! »

Quand elle n’est pas dans une de ses trois écoles avec un groupe d’élèves, elle assure une permanence sur l’une des aires d’accueil des gens du voyage. « Avec ma collègue, nous allons deux fois par semaine au contact des familles qui séjournent sur l’aire ou stationnent ailleurs. Nous les recevons dans notre bureau pour aider à la scolarisation des enfants ». Dans cette région viticole, de nombreuses familles manouches ou gitanes viennent régulièrement pour travailler la vigne, participer à des missions évangéliques ou passer l’hiver avec leurs proches. D’autres familles, foraines s’installent pour un mois lors des grandes fêtes de décembre et d’avril tandis que les circassiennes y séjournent quelques jours seulement.

C’est plus d’une centaine de situations individuelles qu’Hélène gère avec les services de la mairie et les écoles. « Les familles sont parfois mal accueillies dans la société dans laquelle nous vivons. Elles ont de mauvais souvenirs de l’école et peuvent être agressives. Le premier contact est très important pour les mettre en confiance. Cela peut demander du temps et moi je peux le prendre ». Hélène tisse du lien entre tous les partenaires. « J’ai des écoles partenaires que je connais bien et où l’accueil est facile. »

Dans d’autres, c’est plus compliqué et elle sent parfois une sorte de rejet, de fatalisme ou de crainte. « Avec tout ce que les collègues ont à faire en classe, ce n’est pas toujours simple de savoir quoi donner comme travail à des élèves de passage ». Alors, elle leur fournit du matériel pédagogique. « Ça les rassure et permet de faire le lien ». Elle se met aussi en soutien de la direction d’école pour gérer l’absentéisme ou aider lors des rendez-vous avec les parents et elle note des évolutions positives. « De plus en plus de parents acceptent de rencontrer la psychologue scolaire et de monter des dossiers pour la MDPH ». Elle apprécie ce travail en équipe et la gestion collective des difficultés.

AMÉLIORER LES ACQUISITIONS SCOLAIRES

L’obligation scolaire dès 3 ans a permis de gros progrès et elle n’a plus d’élèves qui commencent leur scolarité en CP. Mais des décalages encore importants existent. Elle n’est pas enseignante spécialisée mais elle a construit avec ses collègues des outils et met en place des programmes personnalisés en français et mathématiques pour les temps de travail en petit groupe. « Je m’adapte en permanence. Je fais aussi beaucoup d’ateliers cuisine », et quand elle voit le plaisir de ses élèves à partager leur gâteau avec leurs camarades de classe, elle sait qu’ils reviendront le lendemain. « Lorsqu’il viennent régulièrement, certains se révèlent au bout de quelques semaines. Mais s’il y avait plus de postes EFIV, on pourrait intervenir dès la grande section et les acquisitions seraient encore plus solides ».

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