MATERNELLE: Les activités physiques à bras-le-corps

Mis à jour le 29.08.25

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L'importance des activités motrices dès la maternelle

Les activités physiques dès l’école maternelle constituent avant tout un moyen de développer la motricité de l’enfant. La recherche montre également son apport dans la lutte contre les inégalités sociales et les stéréotypes de genre. Afin de permettre les multiples apprentissages visés, les PE doivent bénéficier d’une formation solide, notamment en psychomotricité.

« Le corps étant en perpétuelle sollicitation, il est important dès le plus jeune âge de savoir l’utiliser à bon escient pour réaliser des actions et cela passe par sa mise en jeu et son contrôle ». En faisant ce constat, Ingrid Verscheure, professeure des universités en sciences de l’éducation et de la formation, souligne l’importance de l’Éducation physique et sportive (EPS) dans les apprentissages réalisés dès la maternelle (lire p 19). Les activités physiques participent, en effet, au développement moteur de l’enfant, mais aussi à sa socialisation et à son émancipation. « Ces pratiques lui permettent de découvrir le monde, de bouger, d’agir, de développer l’habileté motrice, la mise en projet, de se situer dans l’espace, d’y prendre des informations ou encore d’être capable de se montrer aux autres », précise-t-elle.

Une analyse partagée par Fabrice Delsahut, maître de conférences en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Selon lui, la capacité à produire des gestes moteurs reposent sur un triptyque essentiel, mettant à la fois en œuvre « un aspect moteur en lien avec l’anatomie - le fonctionnement neuromusculaire -, un aspect cognitif en lien avec le développement du cerveau et un aspect affectif car il faut gérer les relations à un environnement physique et social » (lire p 17).

UN LEVIER CONTRE LES INÉGALITÉS

Si l’introduction des activités physiques dans les enseignements dispensés en maternelle n’est pas une nouveauté - les premières instructions remontent à 1921 -, le contenu et les objectifs d'apprentissage assignés aux pratiques sportives proposées aux élèves les plus jeunes n’ont cessé d’évoluer au fil du temps. Aujourd’hui, il s’agit de développer la motricité de l’enfant, mais aussi de permettre aux enseignants et enseignantes d’activer un levier supplémentaire pour s’attaquer aux inégalités sociales ou de genre. « Pour différentes raisons, des enfants issus des milieux populaires ne pratiquent pas d’activités physiques et sportives ou pratiquent des activités choisies par les parents parce que proches du domicile ou peu onéreuses », note Ingrid Verscheure qui pointe, par ailleurs, le fait que « de nombreux travaux montrent aussi que beaucoup de filles arrivent à l’école sans jamais avoir tapé, lancé ou rattrapé un ballon ».

“Les activités physiques participent au développement moteur de l’enfant, mais aussi à sa socialisation et à son émancipation.’’

Pour l’universitaire, l’école maternelle constitue le lieu idéal pour acquérir des compétences physiques et s’attaquer à différentes formes de ségrégation. Dans ce contexte, la formation initiale et continue des PE représente un enjeu majeur. Disposer de connaissances sur les gestes et actions motrices, concevoir des activités physiques appropriées en pensant les objets d’apprentissage et les variables didactiques, observer, verbaliser les actions et les critères de réussite (sur le vif ou en décroché)… Des compétences professionnelles qu’il convient de mieux accompagner.

RÉACTIVER LES APPRENTISSAGES TRAVAILLÉS

Sur le terrain, les temps de rencontres organisées par les équipes pédagogiques témoignent du travail et des progrès importants des enfants. Ainsi, les élèves en GS de l’école Paul-Langevin située en Rep à Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise) pratiquent chaque semaine des jeux collectifs et d’opposition. « Au début, ils s’agglutinaient, témoigne Carmen Vissière, enseignante. Nous avons commencé par travailler sur l’occupation de l’espace. C’est l’occasion de comprendre les enjeux des jeux collectifs, de prendre plaisir à jouer, d’apprendre à respecter les autres, de s’approprier des règles progressivement, mais aussi de travailler sur ses émotions, les équilibres, les appuis, l’adresse ou encore la vitesse de course » (lire p 16-17).

“Beaucoup de filles arrivent à l’école sans jamais avoir tapé, lancé ou rattrapé un ballon’’

Autre exemple : l’organisation d'olympiades qui se tiennent à l’école d’Uzos (Pyrénées-Atlantiques). Les 86 élèves de la PS au CM2 se retrouvent ainsi pour participer à une série d’activités physiques (jeu de lutte, biathlon, tir à la corde, course en sac, relais de transvasement d’eau...) visant à « réactiver des apprentissages de divers champs, travaillés dans l’année mais sur des supports nouveaux » selon Théo Rozé, PE stagiaire en PS-MS (lire p 18). C’est aussi l’occasion pour l’enseignante-formatrice de la classe de faire le point sur les acquis des « patrons moteurs de base » des élèves. Le rôle de l’école, qui est notamment, selon Ingrid Verscheure, « de créer les conditions pour qu’il y ait une ouverture des possibles afi n de permettre à tous les élèves d’accéder à un certain nombre de compétences », serait donc ici bien rempli.

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