Les patrons moteurs de base

Mis à jour le 29.08.25

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FABRICE DELSAHUT est maître de conférence en STAPS à l’Inspé Paris-Sorbonne

QU’EST-CE QU’UN PATRON MOTEUR DE BASE ?

Il s’agit d’actions motrices fondamentales relatives à des schémas de mouvements spécifiques et observables. Dit autrement, c’est une « grammaire motrice » qui se regroupe en quatre familles : les locomotions - marcher, courir mais aussi grimper, glisser, rouler, nager… -, les équilibres - statiques et dynamiques -, les manipulations - saisir, pousser, tirer… - et les projections et réceptions d’objets avec les mains, les pieds ou des objets comme une raquette. Ces patrons moteurs sont à construire avant 6-7 ans et évoluent avec l’âge selon des stades précis. Cette capacité à produire des mouvements avec un certain contrôle constitue l’assise de toutes les formes de mouvements spécialisés pour la suite, notamment les habiletés sportives.

QUELS PROCESSUS SONT EN JEU ?

Nous sommes dans le registre sensori-moteur, nommé aussi psychomotricité, qui s’appuie sur un triptyque essentiel. Un aspect moteur en lien avec l’anatomie, le fonctionnement neuromusculaire. Un aspect cognitif en lien avec le développement du cerveau. Et un aspect affectif car il faut gérer les relations à un environnement physique, social… L’acte moteur va, en effet, permettre une adaptation à ces environnements. À l’école maternelle, il est question de travailler le « comment faire » au regard des besoins psychomoteurs des enfants pour les amener à maîtriser les postures, les gestes liés à des habiletés. Par exemple, faire des roulades interroge le chemin parcouru de transformations des gestes moteurs : flexion et poussée des jambes, rotation dans l’axe menton rentré et dos courbé, utilisation de l’espace bas.

QUELLES PRATIQUES PERMETTENT CE TRAVAIL ?

Sans hiérarchisation… Faire « apprendre son corps » pour construire le schéma corporel. Se fixer sur les besoins de l’enfant et non sur les moyens disponibles à l’école. Identifier les apprentissages à construire et aménager les espaces et activités les permettant. Sortir d’une gestion des corps, d’une sécurité prépondérante et d’une structuration autour d’enjeux sportifs. Ne pas réduire la séance aux parcours et proposer des ateliers, le parcours pouvant être conçu comme un enchaînement final des divers gestes appris. Penser aux activités pieds nus, indispensables pour développer la proprioception et la pose des appuis au sol. L’idée principale est la multiplication : des activités, des espaces, des objets, des apprentissages de chaque patron moteur... Il s’agit également de donner un temps conséquent d’activité, laisser les enfants explorer, en autorisant le temps long, dans un continuum, sans se figer sur des attendus liés à l’âge. Cette révolution des pratiques implique une prise de conscience et un militantisme pour redonner la place du corps à la maternelle, puis une formation solide, en psychomotricité en particulier. Cette démarche s’appuie beaucoup sur l’observation. Plutôt que des recettes, comprendre les processus, identifier les patrons moteurs que l’on vise pour ensuite réfléchir aux multiples activités et ainsi diversifier le champ des possibles.

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