Le conflit en jeu

Mis à jour le 17.03.26

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Les élèves de maternelle de Rivarennes (37) apprennent à identifier leurs émotions et gérer leurs impulsions par la mise en scène de situations du quotidien.

« Ozel a les sourcils froncés. Il est en colère », « Il est triste », « Peut-être qu’il a eu peur que Kaéïan lui fasse mal ». Bien installés en demi-cercle dans la salle de motricité, les élèves de MS de Pauline Courraud décrivent la saynète préparée en amont et jouée sous leurs yeux par deux camarades. À l’invitation de leur maîtresse, ils précisent les émotions ressenties par les personnages.

Le conflit mis en scène est emprunté au quotidien de la cour de récréation de cette maternelle située à Rivarennes en Indre et Loire. Deux enfants se disputent l'utilisation d’un vélo et la situation est bloquée. Pauline introduit alors une poupée comme médiatrice : « Que pourrait-elle dire ou faire pour que les enfants ne soient pas fâchés ? ». Les idées fusent, la PE les accueille, assure l’écoute mutuelle, sollicite les avis de ses élèves. Les solutions apportées ne peuvent se limiter à « appeler la police », « arrêter de jouer ensemble » ou juste être poli et s’excuser.

L’enseignante les pousse à chercher les paroles ou gestes qui peuvent apaiser et résoudre le conflit. Nino finit par trouver une solution satisfaisante : « Ils peuvent se prêter le vélo, un coup l’un, un coup l’autre ! », que tout le monde approuve joyeusement. « Que devient la colère d’Ozel et la tristesse de Kaéïan ? » relance-t-elle. « Elles restent au fond du ventre. » répond Aliénor. « Il faut les sortir par la tête pour qu’elles ne fassent pas mal au ventre » ajoute Romy. « Oui, il faut les réduire » synthétise la maîtresse en mimant un ballon qui se dégonfle.

RÉFLÉCHIR AVANT D’AGIR

Des ateliers menés en amont autour de la perception et de l'identification des émotions ont permis aux enfants d’investir ces saynètes, supports pour apprendre à gérer ses impulsions et vivre sereinement en collectivité. Pauline utilise le Kit empathie* dont elle apprécie la progression adaptée aux différents niveaux et la facilité de prise en main. Elle l’a découvert à l’occasion d’un travail sur la mise en place du programme EVAR.

Au sein d’un groupe de réflexion constitué de conseillères pédagogiques et d’autres PE, elle a mené un travail d’analyse des textes et supports dont l’équipe de l’école s’est ensuite emparée. « On a réalisé que l’on travaillait déjà un certain nombre de ces compétences sans savoir que certaines appartenaient aux compétences psychosociales et faisaient partie du programme EVAR. Réfléchir à leur programmation dans l’école nous a permis de les structurer. »

L'enseignante insiste sur l’importance d’un travail régulier et progressif de ces habiletés pour en percevoir les effets. « J’observe plus de phrases d’encouragements et d’entraide entre les élèves. Pour ma part, j’insiste davantage sur leurs réussites et les incite à être attentifs aux besoins des autres afin que l’environnement de travail soit agréable pour tout le monde. » L’équipe s’interroge sur la manière de travailler certaines compétences : « Insister sur les ressentis exacerbe parfois dans un premier temps des réactions lors de conflits anodins. » constate Pauline, voire sur leur pertinence : « L’empathie, ça s’apprend, ça se vit ? ».

* Kit empathie à retrouver sur eduscol

A lire également dans ce dossier : 

  • Une préoccupation internationale de santé publique : éclairage sur les compétences psychosociales vues par l'OMS
  • “CPS, y a-t-il nécessité à les évaluer?” : 3 questions à Laurence Caumont, maîtresse de conférence en sciences de l’éducation
  • Au quotidien à St-Julien : reportage avec des élèves de CM1/CM2 qui travaillent les compétences psychosociales en coopérant
  • “Les compétences psychosociales ne sont pas des savoirs objectifs” : interview de Denis Paget, ancien membre du conseil supérieur des programmes et professeur de lettres.

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