“Un attachement fort au sens du métier”

Mis à jour le 11.05.26

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Interview d'Agnès Florin, responsable du Cnesco

AGNÈS FLORIN est responsable du Cnesco.

Agnès Florin

QUELLES SONT LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS DU MÉTIER ENSEIGNANT ?

C’est d’abord la rémunération – deux fois moins élevée qu’en Allemagne parexemple – et l’évolution de carrière qui sont jugées insuffisantes. La charge de travail et le manque de temps sont aussi largement soulignés. Le poids du travail administratif participe d’un stress au travail tout comme les exigences des autorités difficiles à suivre, la nécessité d’adaptation à un public de plus en plus hétérogène ou encore un accroissement de missions multiples non reconnues.

 
Par ailleurs, si on rend hommage aux personnels enseignants lors de drames tels que les assassinats de Samuel Paty et Agnès Lassalle, pour autant le métier a perdu en reconnaissance et prestige conduisant à un sentiment de dévalorisation. Seulement 4% des enseignants français considèrent que les décideurs politiques accordent une importance à leur avis, soit quatre fois moins que la moyenne de l’OCDE.

EN QUOI LE MÉTIER GARDE-T-IL DU SENS ?

Malgré ces difficultés, la quasi-totalité des enseignants manifestent une forte motivation et se sentent souvent heureux et enthousiastes lorsqu’ils enseignent. Ils accordent un attachement fort au sens du métier et une grande importance à ses valeurs sociales : transmission, utilité, engagement. Dans le premier degré, les étudiantes et étudiants en L3 qui ouvrent au CRPE, sont attirés par le type de public, préférant le relationnel avec des enfants plus jeunes.

QUELLES PISTES D’ÉVOLUTION ENVISAGEZ-VOUS ?

 Le développement professionnel, le travail collectif, la redéfinition des relations entre enseignants et institution et la soutenabilité des conditions d’exercice ont structuré les nombreuses recommandations du Cnesco. Le collectif constitue une aspiration transversale forte et partagée. La collaboration professionnelle est ainsi une dimension importante du métier à faire évoluer : les enseignants français sont moins engagés que leurs homologues de l’OCDE dans les pratiques collaboratives – partage de connaissances,
co-enseignement… – et dans les relations avec les autres membres de la communauté éducative. Organiser, intégrer le temps de concertation dans les obligations réglementaires et former à ce travail collectif sont une des évolutions nécessaires.

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